Une première riche en enseignements
C’est à 10h45 ce jeudi matin que Jean-Pierre Nicol a franchi la ligne d’arrivée devant Ragusa en Sicile, terme de cette longue et intense première étape de la WOW Cap Istanbul. Arrivé en 14ème position, le skipper de Bernard Controls aura mis 3 jours, 21 heures et 34 minutes pour avaler les 600 milles de ce parcours semé d’embuches. Satisfait de sa navigation, Jean-Pierre va dorénavant profiter de trois jours de repos sous le soleil sicilien avant de mettre cap sur Athènes dimanche pour la deuxième étape.
Une première pour JP
Jean-Pierre se souviendra longtemps de sa première navigation en solitaire dans les eaux méditerranéennes : « la décision de participer à cette course n’a été prise que dix jours avant le départ » explique le skipper. « Je n’ai pas vraiment eu le temps de réfléchir et en 48 heures mon bateau était arrivé à Hyères ! Après la Solitaire du Figaro, le bateau était resté en mode ‘course’ et il n’y avait pas grand-chose à faire dessus avant le départ. Ce qui tombait bien ! » Même s’il avait déjà navigué en Méditerranée, notamment sur le Tour de France à la voile, le skipper de Bernard Controls a découvert sur le vif les difficultés de la Grande Bleue en Solitaire. « Je n’avais jamais réalisé une étape aussi longue en solo et en Figaro (plus de 4 nuits en mer). De plus c’est une mer très capricieuse et la soudaineté des changements météo est très difficile à gérer. On effectue un nombre incalculable de changements de voiles et il faut être en permanence à l’affut de la moindre petite risée ou de la moindre variation de vent. Même si j’ai trouvé cette étape plus difficile qu’une étape de la Solitaire, avec un rythme plus soutenu, j’ai paradoxalement pris plus de plaisir ! » confie-t-il. Avec du vent chaud, une mer plate et des manœuvres effectuées en short, il est certain que la différence est de taille avec les cirés trempés de la Solitaire.
Vigilance de rigueur
La vigilance a donc été de mise sur cette étape, et pas seulement au niveau des phénomènes météorologiques. « Ce qui a été compliqué pour moi, c’était de faire du slalom géant entre les cargos, surtout entre la Sardaigne et la Sicile. A la différence de l’Atlantique où les cargos naviguent dans des rails, ils vont dans tous les sens en Méditerranée. Je me suis retrouvé en route de collision avec plusieurs d’entre eux et il fallait être hyper attentif. Heureusement que nous disposons d’un système AIS embarqué, permettant de localiser les cargos et d’indiquer leur trajectoire sur notre cartographie. Cela m’a bien aidé ! »
Un final incertain
En arrivant sur Ragusa, Bernard Controls a, une fois encore, eu droit à l’inconstance des conditions : « ce matin, le thermique de nuit est tombé lorsque les premiers franchissaient la ligne d’arrivée et l’on est resté collé dans la pétole pendant une demi-heure avant que le vent ne se relève. On s’est donc retrouvé bord à bord avec Selim Kakis (Turk Telecom) et cela m’a donné une pêche incroyable de terminer cette étape de 4 jours sous un format de régate au contact ! »
Alors que la victoire écrasante de Gildas Morvan (Cercle Vert) était annoncée depuis plusieurs jours, c’est plutôt un regroupement total de la flotte qui s’est produit à l’approche de Ragusa. N’ayant que deux heures de retard sur Gildas, Jean-Pierre sait que tout est encore possible au classement général, notamment sur les 560 milles que les figaristes auront à parcourir pour rejoindre Athènes. Repos et analyse de la navigation et de la météo de la deuxième étape sont au programme du skipper avant le départ dimanche.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Marie-Astrid Parendeau le 23 septembre 2010 à 15 h 05 min, et placée dans Bernard Controls, Communiqués de presse, JP, WOW Cap Istanbul. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Les commentaires et les pings sont fermés pour l'instant |
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