Jean-Pierre Nicol : une Solitaire aux avant-postes !
Arrivé à Dieppe en 38ème position, 57 minutes et 50 secondes derrière le vainqueur Jérémie Beyou, Jean-Pierre Nicol peinait à masquer sa déception. Quoi de plus normal pour le skipper de Bernard Controls dont on connait le tempérament accrocheur et la nature profonde de régatier. Mais au-delà de cette place qui ne lui correspond pas, il faut retenir de la cinquième participation du Trinitain, une 15ème place au classement général final, 2 heures 31 minutes et 21 secondes après le vainqueur, et une présence aux avant-postes à l’occasion de chacune des quatre étapes, dont la première couronnée par une troisième marche sur le podium. De quoi achever de le faire rentrer dans la catégorie des grands et des vainqueurs de demain !
Au départ des Sables d’Olonne dimanche dernier, Jean-Pierre Nicol était un marin combatif, déterminé à se déjouer des pièges annoncés sur sa route vers Dieppe, à commencer par une dépression orageuse qui devait s’avérer déterminante. Victime d’un accrochage avec deux autres concurrents dès l’entame, le skipper de Bernard Controls voyait ses habitudes d’entrée en scène heureuse contrariées : « Au départ, à la bouée sous le vent, je manœuvrais et j’ai affalé le spi un peu tard. J’ai fait une mauvaise manip avec mon pilote et je suis aller frotter deux autres concurrents. Il n’y a pas eu de gros dégâts, mis à part le fait que je me suis retrouvé dans les derniers de la flotte ».
« J’ai vu la course m’échapper »
Bien décidé à rester dans le match de cette dernière étape, Jean-Pierre faisait parler son inspiration et allait jouer un joli coup tactique le long de l’île d’Yeu, retrouvant ainsi de meilleures dispositions : « Après il y a eu cette option à l’île d’Yeu, je voyais le coup venir et ça m’a bien remis dans le match. Il y a eu un enchaînement idéal des choses jusqu’à Penmarch. Le scénario était parfait, j’étais dans le paquet de tête, devant même ». Leader au passage du phare d’Eckmühl, le skipper de Bernard Controls s’affichait à nouveau homme fort, sûr de ses choix. » Mais le revers de la médaille de tout ça, c’est que je me suis pas mal dépensé pour y arriver et qu’à un moment, je me suis senti très faible dans la bataille de virements de bords à la pointe Bretagne. Je n’ai pas eu d’autre choix que de continuer. Je ne suis pas allé dormir. Je me suis battu contre moi-même. Après la pointe Bretagne, je suis aller faire un somme et au réveil, j’avais l’impression de ne rien avoir récupéré. Du coup j’ai attaqué la dépression orageuse dans un esprit pas très conquérant. J’avais un schéma en tête qui était de passer l’axe de ce phénomène et d’aller dans l’Est. Mais, je ne me suis pas aperçu qu’en faisant ça, j’allais dans la molle et j’y restais. C’est allé vite et une fois dedans, le mal était fait. Derrière, même si j’ai réussi à retoucher du vent, j’étais de toutes façons mal placé par rapport aux autres. Ca a été très dur moralement. Je me voyais dans un schéma parfait et quand j’ai vu ceux avec lesquels je me battais partir, c’est un rêve qui s’est écroulé. J’ai vécu les dernières 24 heures en voyant la course m’échapper… »
Du positif à en tirer
Usé et forcément déçu d’accrocher une 38ème place, Jean-Pierre Nicol espérait conclure à Dieppe en meilleure posture. 9ème au classement général provisoire au départ de Vendée, c’est à la 15ème qu’il en termine avec cette Solitaire du Figaro. Un résultat qui n’occulte toutefois en rien le fait que de bout en bout le skipper de Bernard Controls aura été l’un des meneurs de cette édition, assumant ses choix, jouant avec intelligence et faisant preuve d’une vision très fine de la course. 3ème à Caen, 13ème en Irlande et 19ème aux Sables d’Olonne, le Trinitain n’aura rien à regretter sur ces trois semaines de course : « J’ai fait trois étapes et demie correctes et au final, c’est le corps qui a lâché ! Mais si je termine 15ème, c’est qu’il y a forcément eu des choses meilleures que les années précédentes. Il y a du positif à en tirer ».
En cinq participations, Jean-Pierre Nicol signe à la barre de Bernard Controls son meilleur résultat… et son aventure avec la Solitaire du Figaro a de l’avenir. Elle s’écrira très bientôt en mode vainqueur qu’on se le dise !
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Marie Le Berrigaud le 24 août 2011 à 18 h 25 min, et placée dans Actualités, Communiqués de presse, Solitaire du Figaro. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Les commentaires et les pings sont fermés pour l'instant |
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