Une étape contrastée pour Jean-Pierre Nicol
C’est à 9 heures 23 minutes et 02 secondes ce mercredi matin, que Jean-Pierre Nicol en a terminé avec la troisième étape de la Solitaire du Figaro. 19ème aux Sables d’Olonne, à 43 minutes et 42 secondes du vainqueur Jérémie Beyou, le skipper de Bernard Controls affichait des sentiments contrastés, entre déception légitime de n’avoir pas véritablement eu les armes pour tenir son rang et fierté de s’être battu comme un beau diable malgré ses faiblesses temporaires.
Au départ de Dùn Laoghaire en Irlande dimanche midi, Jean-Pierre Nicol avait un schéma stratégique d’une limpidité évidente en tête pour les premières heures de course. Mais très vite, le skipper de Bernard Controls voyait ses plans contrariés par une succession d’embûches jetées sur sa route comme autant de mauvais sorts. Une option à peine trop poussée sur le parcours de départ, un spi explosant littéralement en vol à l’aube d’une étape où cette voile ballon se préparait à un rôle prépondérant et enfin un orage localisé l’emprisonnant dans ses filets… rien n’aura été épargné au Trinitain. A l’arrivée aux Sables d’Olonne ce matin, s’il avait le sourire, il ne cachait rien du contraste qui dominait dans son esprit : « On le savait, c’était une étape importante où il fallait être dans le match et ne pas prendre de risque. Et en ce qui me concerne, tout s’est déroulé exactement comme il ne fallait pas ! Tous les chats noirs me sont tombés dessus. A l’arrivée, j’ai des sentiments contrastés. Je suis déçu et en même temps je suis super fier parce que j’ai quand même limité la casse. J’aurai pu prendre une sanction aussi sévère que certains ».
Parti dernier dans les eaux irlandaises, Jean-Pierre Nicol sera revenu à force d’obstination et de concentration, passant sixième à Wolf Rock et se hissant sur la troisième marche du podium quelques heures plus tard. Un exploit de taille quand on sait le rythme imposé par les chefs de file du moment. Mais à l’heure de relâcher la pression, trois points tournaient en boucle dans la tête du skipper de Bernard Controls : le départ, le final et le maintien de ses chances pour la suite et fin de l’histoire.
Le départ ?
« Il y a eu ce petit parcours côtier sur lequel j’ai pris une option pas terrible. Je suis allé un petit peu trop à gauche et toute la flotte est passée. J’ai vu les mecs partir vers l’Angleterre quand j’étais encore au près, vers le Nord, dans deux nœuds de vent. Derrière, le vent est enfin rentré. Je me suis dit que ça allait le faire. Une claque est arrivée et mon grand spi a explosé… Là je me suis dit : « pas de bol »! Je me suis retrouvé dernier, sans grand spi alors que je savais pertinemment bien que j’en aurai vraiment besoin quelques heures plus tard. Pendant une heure, ça a été difficile. Ce qui m’a remis dedans, c’est qu’il y avait un groupe arrêté au vent. Je me suis dit qu’il fallait revenir et que plus je serai devant avec mon petit spi, plus ce serait simple de limiter la casse.
Les dernières heures de course ?
« J’avais réussi à bien remonter, mais derrière je n’ai pas pu tenir la cadence sous petit spi et je me suis décalé dans le Sud, un peu par défaut. J’ai empanné en dernier, pour avoir le meilleur angle possible en bâbord. Ca s’est bien passé. Mais derrière, il y a eu un nouveau coup de massue. Je suis passé assez proche de l’île d’Yeu, ce qui sur le papier n’était pas une mauvaise idée étant donné que cette île est relativement plate et que les effets de site y sont donc limités. Malheureusement, un orage s’est déclaré pile sur cette île, il a pompé tout l’air autour et a créé un cercle sans vent. Je me suis fait piéger et j’ai vu toute la flotte passer.
La suite ?
« Je ne suis pas encore éliminé ! Je suis encore là pour me battre pour la prochaine. J’ai vraiment ce double sentiment, celui d’un manque de réussite et en même temps, de m’être bien battu. Je suis content de ne pas avoir craqué et de ne pas avoir tenté un truc un peu fou pour jouer le quitte ou double. Pour moi, le contrat est rempli. Je voulais être dans le match pour la dernière étape et je le suis. Je vais attaquer la dernière en me disant que tout peut se passer, que tout est possible ».
19ème en Vendée, Jean-Pierre Nicol perd un peu de terrain au classement général et occupe désormais la 9ème place. En terme de temps, cette « chute » est toute relative tant les écarts restent extrêmement serrés. Ainsi, avec 1 heure 33 minutes et 31 secondes de retard sur le leader, le Top 5 est à portée d’étrave pour le skipper de Bernard Controls. Suite et fin des hostilités dimanche prochain à midi pour le départ du dernier volet à destination de Dieppe.
| Imprimer l'article | Cette entrée a été posté par Kate Jennings le 18 août 2011 à 21 h 58 min, et placée dans Actualités, Communiqués de presse. Vous pouvez suivre les réponses à cette entrée via RSS 2.0. Les commentaires et les pings sont fermés pour l'instant |
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